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La dignité endogène et exogène

 

Que serait la dignité ?

Je la ressens comme étant l'intégrité psychique et subjective de l'être humain, fédérée par des valeurs personnelles/infuses (endogènes) et collectives/transmises (exogènes).

 

Voilà pourquoi l'on ne parlera jamais de dignité physique mais uniquement d'intégrité physique...

Effectivement, lorsque l'intégrité d'un corps est atteinte, pour se le confirmer, l'on ne brandit pas des faits culturels mais des faits biologiques. Grosso modo, nous savons qu'un corps humain est constitué de deux bras, de deux jambes, d'un buste, et d'une tête ! S'il venait à lui manquer un membre, personne n'aurait de difficultés a admettre que celui-ci à été dégradé.

 

Mais lorsque l'on parle d'intégrité psychique, ceci est beaucoup plus complexe, puisque l'on fait alors allusion à des croyances et non plus à du tangible.

 

 

Concernant les personnes qui ont subi des violences, des abus, des harcèlements (physiques ou moraux)... Je suis prête à parier que suite à l'un de ces événements, elles ont ressenti un sentiment de honte, de souillure, d'humiliation, ou d'insécurité... Tout simplement parce que le bien et le mal font partie de leurs valeurs. Et que le mot "digne" est le synonyme de ce qui est bon et que le mot "indigne" est le synonyme de ce qui est mauvais.

Malgré ces barrières, nul doute que ces personnes parviendront à se reconstruire, elles et leur dignité. La seule chose qui pourrait retarder leur processus de résilience seraient la perception de pureté ou d'impureté, issue des valeurs d'autrui, projetées sur elles.

 

Quant aux patients dans le comas ou dans un état végétatif, avec une conscience altérée reconnue... C'est à la dignité exogène que l'on fait appel, puisque l'endogène ne peut plus être conscientisée et/ou exprimée. À ce stade, c'est à la famille d'assurer leur droit à la dignité...

Sauf qu'en son sein, souvent deux camps s'opposent :

- Le premier, qui préfère prêter attention à l'intégrité psychique de la personne qu'il a connue, et qui, selon lui, n'est plus qu'une âme souffrante emprisonnée dans un amas de chair dysfonctionnel.

- Le second, qui estime plus juste de défendre, entre autres, l'intégrité physique et la vie, même si l'existence de l'être aimé n'a à ce moment là plus rien de naturel.

 

Après tout, si le maintien en vie d'un patient en vient à être discuté, n'est-ce pas aussi et surtout parce qu'initialement sa mort serait rapidement survenue si secours, chirurgies, et technologie ne l'avait pas empêchée ?

Si la médecine prend en charge un patient, c'est spécifiquement dans le but d'améliorer sa santé. Malheureusement, il arrive que l'intervention humaine ne fasse pire que mieux, et que la question de "l'obstination déraisonnable" finisse par se poser...

 

Pour conclure, rappelons-nous que la dignité est intrinsèquement liée au respect intégral de l'individu... Et que le chahut de l'intégrité psychique endogène est primordial afin de permettre à chacun d'apprendre à poser ses limites, et d'apprivoiser cet amour propre qu'il est si difficile de se donner dans l'adversité.

 

 

Ana



23/08/2019
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